Le parcours des pharmaciens diplômés en France vers le permis de l’Ordre

Un pharmacien diplômé en France ne suit pas le même chemin qu’un autre pharmacien formé à l’étranger pour exercer au Québec. Un arrangement conclu entre la France et le Québec lui ouvre un parcours distinct, plus court, géré par l’Ordre des pharmaciens du Québec. Ce parcours reste mal connu, et plusieurs idées reçues le brouillent : on le croit automatique, on pense qu’il faut passer l’examen d’aptitude au complet, ou démontrer sa connaissance du français par un examen. L’Ordre des pharmaciens du Québec et le gouvernement du Québec en fixent chaque étape.

Article rédigé le 5 octobre 2026. Les données proviennent du site de l’Ordre des pharmaciens du Québec et du site du gouvernement du Québec, consultés le 5 octobre 2026. Chaque source est citée à la fin, avec son adresse.

Un parcours prévu par l’arrangement France-Québec

La reconnaissance des pharmaciens formés en France repose sur un arrangement de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles entre le Québec et la France. Pour la profession de pharmacien, cet arrangement est en vigueur depuis le 3 mars 2011. Il explique pourquoi l’Ordre traite les diplômés de France dans une page distincte de celle des autres diplômés internationaux, avec ses propres conditions, ses propres frais et ses propres mesures. Un pharmacien formé en France qui s’oriente d’emblée vers le parcours international général s’engage dans le mauvais processus et alourdit sa démarche.

Les conditions de départ

Deux conditions ouvrent ce parcours. La première est le diplôme : il faut détenir un diplôme d’État de docteur en pharmacie ou un diplôme d’État de pharmacien obtenu en France. La seconde touche l’inscription professionnelle : l’Ordre demande une preuve d’inscription ou de radiation à l’Ordre national des pharmaciens, ou une attestation d’inscriptibilité. Le lien avec l’ordre professionnel français fait donc partie du dossier, qu’on y soit encore inscrit ou non.

La demande de reconnaissance des qualifications

Le parcours commence par une demande de reconnaissance des qualifications, déposée en ligne auprès de l’Ordre. Les frais d’étude de la demande sont de 532,11 $, taxes incluses. L’Ordre indique qu’environ sept jours sont requis pour étudier la demande. Ce délai court contraste avec le calendrier du parcours international général, où un comité se réunit un nombre limité de fois par année. Déposer un dossier complet dès le départ évite les allers-retours qui allongent les délais.

Les mesures compensatoires

Au terme de l’étude du dossier, l’Ordre prescrit des mesures compensatoires. Elles forment la partie la plus substantielle du parcours. L’Ordre prévoit deux options, et le candidat réalise l’une ou l’autre.

Première option : examen, cours de droit et stage

La première option combine trois éléments. Il faut d’abord réussir la Partie II de l’examen d’aptitude du Bureau des examinateurs en pharmacie du Canada, soit l’ECOS. L’ECOS est un examen clinique objectif structuré : une série de stations courtes, de sept minutes chacune, où le candidat est évalué en situation simulée. Il faut ensuite suivre le cours PHM 6510, Pharmacie : loi et système de soins, une formation d’appoint portant sur la législation et le système de santé québécois. Il faut enfin effectuer un stage d’une durée de 600 heures. L’Ordre situe la durée de cette option à environ quatre à huit mois après la réussite de la Partie II.

Seconde option : le programme de qualification universitaire

La seconde option passe par le programme de Qualification en pharmacie de l’Université de Montréal, d’une durée habituelle de 16 mois pour 64 crédits, suivi lui aussi d’un stage de 600 heures. L’admission à ce programme est soumise à une date limite fixée au 1er novembre de chaque année. L’Ordre situe la durée de cette option à environ 20 mois. Elle s’adresse notamment aux dossiers pour lesquels la première option ne convient pas.

La fausseté à écarter ici. Beaucoup de pharmaciens formés en France croient qu’ils doivent passer l’examen d’aptitude au complet, ses deux parties. Le parcours de l’arrangement ne demande que la Partie II, l’ECOS. La Partie I, le questionnaire à choix multiples assisté par ordinateur, ne figure pas parmi les mesures compensatoires décrites par l’Ordre pour les diplômés de France. Cet allègement distingue le parcours de l’arrangement de celui des autres diplômés internationaux.

L’ECOS, l’épreuve centrale de la première option

Pour un pharmacien formé en France qui retient la première option, la Partie II est la seule épreuve d’examen à franchir. Il vaut donc la peine de savoir ce qu’elle mesure. L’ECOS se compose de onze postes notés, dont neuf postes interactifs et deux postes non interactifs, chacun de sept minutes. Dans un poste interactif, le candidat rencontre un participant simulé, patient, client ou professionnel de la santé, sous l’observation d’un examinateur pharmacien. Dans un poste non interactif, il traite une tâche écrite, par exemple détecter une erreur ou répondre à une demande d’information. Chaque poste est noté sur trois volets : la communication, l’issue des soins pharmaceutiques et la performance générale. Le résultat est transmis en réussite ou en échec, sans note chiffrée.

La connaissance du français

Une autre idée reçue veut qu’un pharmacien formé en France doive démontrer sa connaissance du français par l’examen de l’Office québécois de la langue française. L’Ordre indique l’inverse pour ce parcours : les exigences de la Charte de la langue française quant à la connaissance du français sont réputées respectées en raison de la durée des études en pharmacie en France, soit plus de trois années à temps complet. Le pharmacien formé en France n’a donc pas, par cette voie, d’examen de français à passer.

Un point de vigilance. L’arrangement n’est pas une reconnaissance automatique du droit d’exercer. Il ouvre un parcours allégé, mais ce parcours comporte des étapes obligatoires : une demande payante, des mesures compensatoires qui incluent un examen ou un programme universitaire, un cours de droit dans la première option, et un stage de 600 heures dans les deux. Selon l’option retenue, il faut compter de quelques mois à environ vingt mois. La reconnaissance par l’arrangement n’équivaut pas à une dispense des mesures compensatoires.

Le permis d’exercice

Une fois les mesures compensatoires réussies, le pharmacien dépose sa demande de permis auprès de l’Ordre. Le droit d’exercer découle de l’inscription au tableau de l’Ordre, accordée au terme de ce parcours.

Repères pour un dossier bien mené

Trois repères se dégagent de ce que publie l’Ordre.

Le premier concerne l’examen. Dans la première option, l’examen requis se limite à la Partie II, l’ECOS. C’est l’étape qui conditionne la suite et la durée totale, puisque l’Ordre compte les quatre à huit mois à partir de sa réussite. C’est donc sur sa préparation que le candidat peut le plus agir pour raccourcir son calendrier.

Le deuxième concerne le choix de l’option. La première est la plus courte, mais elle suppose de réussir l’ECOS par soi-même. La seconde, plus longue, intègre la formation dans un programme universitaire. Le choix dépend du dossier et du temps dont on dispose.

Le troisième concerne les délais d’inscription. L’admission au programme de l’Université de Montréal se ferme au 1er novembre. Un dossier déposé tard manque le cycle et attend un an. La date d’ouverture du dossier à l’Ordre détermine donc l’ensemble du calendrier.

Depuis 2016, ACTeRX prépare les pharmaciens diplômés à l’étranger aux examens du Bureau des examinateurs en pharmacie du Canada. Dans la première option de l’arrangement France-Québec, l’étape déterminante est la Partie II, l’ECOS. La préparation d’ACTeRX vise précisément cette épreuve : des stations minutées de sept minutes, sur le format de l’examen réel. Plus de 450 candidats y ont été formés, et plus de 225 exercent aujourd’hui au Québec.

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Les sources

Ordre des pharmaciens du Québec, « Diplômés en France », https://www.opq.org/devenir-pharmacien-au-quebec/admission/diplomes-en-france/ (consulté le 5 octobre 2026).

Gouvernement du Québec, « Entente Québec-France, pharmacien », https://www.quebec.ca/emploi/travailler-hors-quebec/faire-reconnaitre-competences-etranger/entente-quebec-france/pharmacien (consulté le 5 octobre 2026).

Bureau des examinateurs en pharmacie du Canada, « Partie II (ECOS) », https://pebc.ca/fr/pharmacists/examen-daptitude-pharmaciens/a-propos-de-lexamen/a-propos-de-lexamen-partie-ii/ (consulté le 5 octobre 2026).